Février
C'est comme un parfum, une brume qui changerait la composition de l'air alentour.
Au début, ça picote et on éternue plusieurs fois, étonnés, troublés par cette odeur et l'effet qu'elle produit.
Et ça sent bon. Terriblement bon. Alors on respire en grand, pour remplir les poumons.
Pour que cette odeur, cette mini pluie ne reparte plus jamais de nous. Pour que ces atomes fusionnent en nous. Pour qu'elle devienne notre odeur, notre parfum. Notre empreinte.
Et puis au fil des jours on a juste envie d'humer encore cette fragrance, si particulière, si agréable. Et retrouver le bien être qu'elle procure.
C'est comme ça quand je te regardes.
Avril
C'est la nuit, cette folle nuit qui m'appelle. Me prend par la main, caresse ma peau et m'exhorte! Me chatouille, me fait rire et tourner encore et encore dans cette danse insensée.
C'est la nuit et son parfum d'encre sèche sur mes doigts, de fleurs dans mes cheveux, du vent entre mes jambes fatiguées de courir à travers les rues piétonnes.
C'est sa chaleur, ce rire qui explose partout dans l'obscurité et monte jusque dans les nuages.
C'est cette envie brutale et sombre, presque virile, animale.
C'est tout ce qui fait ton absence et qui crève mon cœur et qui me porte encore pourtant le long des routes. C'est la nuit. C'est mon secret.
Mai
Mon amour,
Ici, il pleut. Mais chaque goutte d'eau est remplie d'un univers où le soleil a l'éclat de tes yeux et la chaleur de ton sourire. Je n'attends plus le vent pour ramener la lumière, puisque je
sais que lorsque je te reverrai, les ténèbres s'enfuiront à jamais.
Les nuages murmurent que toute la beauté du monde ne suffit pas pour décrire ton regard; car il est toute la beauté du monde, il est le monde, il est la terre que je convoite.
Il est tous les matins silencieux emplis de soleil.
Toutes les averses assourdissantes.
C'est une tempête.
Je n'ai pas peur des éclairs puisqu'ils émanent de toi, ni du tonnerre qui annonce ta venue.
Et je bénis l'eau qui s'écoule sur le monde.
Juin
Régulièrement, la ville se vide, en quelques minutes.
Les commerces ferment, les ampoules éclatent.
Et la foule se dirige vers le périphérique extérieur, résignée.
Les volets sont encore entre ouverts, un vélo traîne sur l'avenue.
C'est le matin, mais la capitale ne vivra pas, sans toi.
Les métros sont figés entre deux gares, les chats s'étirent au bord des fontaines.
Le soleil envahit les boulevards morts, suivit par un silence génant.
Ce silence qui m'étouffe lorsque tu reviens enfin.
Cette absence de son, terrible.
J'ai tellement à dire lorsque la ville est déserte! Et ton retour ravive
le brouhaha qui enfouit sous ses cris ma plus belle déclaration d'amour.
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